Le paludisme affecte la santé et la richesse des pays et des personnes. De nos jours, en Afrique, on dit du paludisme une maladie due à la pauvreté et la cause de la pauvreté. Le paludisme a un important coût direct et indirect et mesurable, et il a été prouvé qu’il entravait sérieusement le développement économique africain. En effet, pour ce qui est du développement économique, l’écart ne cèsse de s’aggrandir davantage d’années en années entre les pays impaludés et les pays sans paludisme.
La croissance économique annuelle dans les pays de forte transmission palustre a toujours été inférieur à celle des pays sans paludisme. Les économistes attribuent au paludisme un déficit de croissance annuel atteignant jusqu’à 1,3% dans certains pays d’Afrique. Au fil des années, l’écart se creuse entre le PIB des pays selon qu’ils sont touchés ou non par le paludisme et c’est la croissance économique de toute la région qui est pénalisée.
Le coût direct du paludisme comprend les dépenses individuelles et publiques pour la prévention et le traitement de la maladie. Les dépenses individuelles incluent les dépenses sur les moustiquaires imprégnées d’insecticide, les moustiquaires médicaux, les antipaludiques, les frais de transport jusqu’aux services de santé, le soutien des malades et parfois d’un membre de la famille qui l’accompagne pendant son hospitalisation. Les dépenses publiques comprennent l’entretien des services de santé et des infrastructures sanitaires, les frais pour la lutte antivectorielle, l’éducation et la recherche dans le secteur public. Dans certains pays fortement touchés du paludisme, les dépenses peuvent représenter jusqu’à 40% des dépenses de la santé publique, 30% à 50% des admissions hospitalières et jusqu’à 50% des consultations externes.
Le coût indirect du paludisme comprend la perte par les forces productives ou les revenus associés à la maladie ou au décès due à la maladie. Ceci représente les coûts perdues pendant les journées de travail ou de l’absentéisme d’un travail officiel, et la valeur des travaux non rémunérés accomplis à domicile par hommes et femmes. En cas de décès, le coût indirect comprend aussi le revenu futur escompté du défunt.
L’effet du paludisme sur les ressources humaines en Afrique est plus grande mais ne se limite pas à une simple perte de revenu. La douleur et les souffrances humaines causées par la maladie sont un autre coût indirect du paludisme, difficile à chiffrer en dollars. Le paludisme entrave également la scolarisation et le développement social des enfants, en raison de l’absentéisme à l’école, des atteintes neurologiques permanentes et autres conséquences des accès palustres graves.
Une simple présence du paludisme dans une collectivié ou un pays est également préjudicier à la prospérité individuelle et nationale en raison de son influence sur les décisions sociales et économiques. Le risque de contracter le paludisme dans les zones d’endémie peut dissuader les investisseurs, nationaux ou étrangers, et affecter les décisions personnelles ou familiales de nombreuses façons, étant donné qu’il ait des impacts négatifs sur la productivité et la croissance économique. Par exemple:
Stagnation du secteur touristique due aux voyageurs se forcant à se rendre dans les zones d’endémie palustre.
Stagnation des marchés liés au refus des hommes d’affaires ou commerçants de voyager vers les zones impaludées et leur refus de sacrifier leurs investissements dans ces zones.
Préférence des agriculteurs particuliers ou ménages pour les cultures vivrières par rapport aux cultures nécessitant de forte main-d’oeuvre, dans le but d’éviter les effets du paludisme qui pourraient affecter les travaux pendant les récoltes.
Conscient du fardeau que cela représente pour leur économies, désormais, les gouvernements Africaine consacrent davantage des ressources à la lutte antipaludique, conformément aux résolutions de la Conférence d’Abuja en 2000. Le paludisme prend aussi peu à peu une place importante dans les discussions sur la réduction de la misère et l’allégement de la dette, et la lutte contre le paludisme apparaît, actuellement aux yeux de nombreuses personnes, comme étant un élément majeur des stratégies nationales pour la réduction de la misère dans les pays d’endémie palustre. Les pays prennent également des mesures pour assurer les dépenses directes consacrées au paludisme, et faire en sorte que les moustiquaires imprégnées d’insecticide servant à la prévention de la maladie deviennent plus accessibles en abolissant les taxes et les droits de douane sur les insecticides, les moustiquaires et les matériaux utilisés pour la fabrication de ses derniers.
Le rôle du Secteur Privé
Les enterprises locales et internationals qui opèrent dans des zones impaludées constatent également qu’en soutenant la lutte antipaludique, non seulement elles réduisent les niveaux d’absentéisme et améliorent la baisse des forces productives, mais elles stimulent en outre les relations entre les travailleurs, la collectivité et les relations avec le Gouvernement.
Du point de vue long terme, la hausse des forces productives encouragera l’expansion du marché, stimulera les dépenses des ménages et modifiera les schémas de consommation. Le renforcement de la lutte antipalutique bénéficiera à de nombreuses entreprises, en particulier à celles qui produisent des biens de consommation ou qui créent des agences de tourisme.
Les enterprises privées peuvent contribuer à la lutte antipaludique en fournissant des ressources et des compétences essentielles par les moyens suivants:
Verser les fonds indispensables pour accélérer la mise en oeuvre des programmes existants et en créer de nouveaux
Aider sur la recherche et le développement de nouvelles interventions et traitements contre le paludisme
Fournir des compétences en matière de gestion et de commerce pour stimuler le marché des moustiquaires imprégnées d’insecticide et des antipaludiques.
Utiliser leurs réseaux de distribution pour apporter aux communautés éloignées des médicaments efficaces et des mesures de prévention
Utiliser leurs compétences en marketing et en relations publiques pour appuyer les campagnes sur l’éducation public.